Ma pratique artistique prend naissance dans la matière, ses reliefs, ses résistances et ses transformations.
Je construis mes œuvres par couches successives, comme si chaque strate portait la trace de ce qui a été vécu, transmis, enfoui ou oublié.
À travers une approche intuitive et profondément sensorielle, j’explore la mémoire du corps, les blessures invisibles, la résilience et les héritages qui traversent les générations. La création devient pour moi un espace où l’indicible peut prendre forme, où ce qui a été retenu peut enfin remonter à la surface.
Je travaille avec des matières minérales et organiques — plâtre, argile, bois, cire, charbon, cendre, fibres, pigments naturels et métaux — afin de rapprocher l’expérience humaine de celle de la terre.
Toutes deux portent des traces.
Les failles qui traversent mes œuvres ne représentent pas uniquement une rupture. Elles deviennent des passages, des ouvertures où la lumière peut entrer. Les oxydations, les craquelures et les métaux ne cherchent pas à dissimuler les marques laissées par le temps, mais à les révéler et à leur redonner une valeur.
Mon travail se situe entre force et vulnérabilité, entre enfouissement et émergence. Il interroge ce qui demeure vivant en nous malgré les silences, les traumatismes et les transformations.
Créer devient alors un geste de reconstruction : une manière de reprendre possession de son histoire et de faire de la matière un territoire de mémoire, de vérité et de renaissance.